« Et maintenant, comment je le finance ? » Dans mon précédent article, je vous parlais des signaux qui doivent vous alerter : le dimanche soir qui devient lourd, le travail qui perd son sens, cette idée de projet que l’on n’ose pas regarder en face…
Si vous vous y êtes reconnu(e), une autre question arrive très vite. C’est d’ailleurs souvent la deuxième que l’on me pose, juste après « est-ce le bon moment ? » : comment financer ce bilan ?
La bonne nouvelle, c’est qu’une aide existe, et que vous en disposez très probablement déjà : votre Compte Personnel de Formation, le CPF.
La moins bonne, c’est que les règles ont beaucoup bougé en 2026. Un plafond, un reste à charge en hausse, un délai à respecter entre deux bilans… Mieux vaut les connaître avant de se lancer, pour éviter les mauvaises surprises.
Je vous propose d’y voir clair.
Le CPF, c’est quoi et qui y a droit ?
Le CPF est un compte individuel, attaché à votre personne et non à votre contrat de travail. Il vous suit tout au long de votre vie professionnelle, même si vous changez d’employeur, de métier ou de statut.
Un CPF est ouvert pour toute personne d’au moins 16 ans (15 ans pour les apprentis), jusqu’à son départ à la retraite (article L. 6323-2 du Code du travail). Concrètement, sont concernés :
- les salariés du secteur privé, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, temps partiel…),
- les demandeurs d’emploi,
- les travailleurs indépendants, professions libérales et chefs d’entreprise non salariés,
- les agents publics, qui disposent eux aussi d’un CPF, mais avec des règles qui leur sont propres (droits comptés en heures).
Votre compte est crédité en euros chaque année. Un salarié qui travaille au moins à mi-temps acquiert 500 € par an, dans la limite de 5 000 €. Certains publics, notamment les salariés peu ou pas qualifiés, bénéficient d’un crédit majoré de 800 € par an, dans la limite de 8 000 € (article L. 6323-11 du Code du travail).
Bon à savoir
Votre solde se consulte en quelques minutes sur le site officiel moncompteformation.gouv.fr ou sur l’application « Mon Compte Formation ». C’est la toute première chose à vérifier.
Ce qui a changé en 2026 : un plafond de 1 600 €
C’est le changement le plus important de l’année pour le bilan de compétences.
Depuis le 26 février 2026, le montant de droits CPF que vous pouvez mobiliser pour un bilan de compétences est plafonné à 1 600 € (décret n° 2026-127 du 24 février 2026, qui a créé l’article D. 6323-1 A du Code du travail, pris en application de la loi de finances pour 2026).
Concrètement : même si votre compte affiche 3 000 € ou 5 000 €, vous ne pourrez pas utiliser plus de 1 600 € pour votre bilan. Si le bilan que vous choisissez coûte davantage, la différence reste à votre charge, sauf si un autre financeur complète (votre employeur, par exemple, j’y reviens plus bas).
Cela ne remet pas en cause l’intérêt du bilan. Mais cela invite à regarder les devis de près, et à poser les bonnes questions à l’accompagnant que vous choisissez.
Un bilan tous les cinq ans, pas plus
Autre nouveauté, passée un peu plus inaperçue : un délai de carence.
Depuis le décret n° 2026-126 du 24 février 2026 (article D. 6323-6 du Code du travail), vous ne pouvez plus mobiliser votre CPF pour un bilan de compétences si vous avez déjà bénéficié d’un bilan financé au cours des cinq années précédentes.
C’est une raison de plus de choisir le bon moment… et le bon accompagnement. Un bilan, on ne le fait pas à la légère, et on ne le refait pas tous les deux ans.
Le reste à charge : 150 € de votre poche
C’est le point que beaucoup découvrent au moment de valider leur inscription.
Depuis le 2 mai 2024, toute personne qui utilise son CPF doit verser une participation financière obligatoire. Fixée à l’origine à 100 € (décret n° 2024-394 du 29 avril 2024), puis indexée à 103,20 € au 1er janvier 2026, elle a été portée à 150 € par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, pour toutes les demandes validées à compter du 2 avril 2026.
Trois choses à retenir :
- ce montant ne peut pas être prélevé sur votre CPF : il se règle à part, au moment de valider votre inscription,
- l’organisme qui vous accompagne n’a pas le droit de vous le rembourser,
- certaines personnes en sont dispensées, notamment les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail et les salariés dont l’employeur cofinance la formation.
Il s’agit donc de l’intégrer dans votre budget dès le départ.
Et demain ?
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, prévoit de renforcer le caractère professionnel du CPF et sa contribution aux besoins en compétences dans des domaines stratégiques pour la Nation. Il fait évoluer les règles d’utilisation du CPF pour les demandes de formations validées à compter du 2 octobre 2026.
Ces nouvelles règles peuvent, selon la situation du stagiaire, se traduire par une majoration de la participation forfaitaire obligatoire. Si l’achat de formation est confirmé, il s’engage à verser, le cas échéant, en 2027 un complément de participation obligatoire, qui pourrait atteindre jusqu’à 200€ de plus.
Et si votre employeur participe ?
C’est une piste que l’on oublie souvent, et pourtant elle change beaucoup de choses.
Votre employeur peut abonder votre CPF, c’est-à-dire compléter vos droits. Dans ce cas, deux avantages : la différence au-delà du plafond de 1 600 € peut être prise en charge, et vous êtes dispensé(e) de la participation de 150 €.
Le bilan peut aussi être financé directement par l’entreprise, dans le cadre de son plan de développement des compétences. Une convention est alors signée entre vous, votre employeur et l’organisme (article R. 6313-8 du Code du travail).
Et si vous préférez garder votre démarche pour vous, c’est tout à fait possible. Si le bilan se déroule en dehors de votre temps de travail, vous n’avez pas à en informer votre employeur. S’il se déroule pendant votre temps de travail, il vous faudra son accord préalable.
Dans tous les cas, la confidentialité est garantie par la loi : les résultats de votre bilan ne peuvent être communiqués à personne sans votre accord (article L. 6313-4 du Code du travail).
Découvrir mon accompagnement en bilan de compétences
Les étapes pour lancer votre bilan
Pour résumer, voici le chemin à suivre :
- Vérifiez votre solde sur moncompteformation.gouv.fr. Pour vous connecter, une identité numérique sécurisée (FranceConnect+) vous sera demandée.
- Vérifiez que vous n’avez pas bénéficié d’un bilan de compétences financé au cours des cinq dernières années.
- Choisissez un organisme certifié Qualiopi. C’est une condition obligatoire pour que votre bilan soit pris en charge par le CPF (article L. 6316-1 du Code du travail), et c’est aussi un gage de sérieux.
- Prenez le temps d’un premier échange avec l’accompagnant. Le lien de confiance compte autant que la méthode.
- Envoyez votre demande d’inscription depuis la plateforme. L’organisme vous adresse alors une proposition détaillée (dates, durée, tarif).
- Validez cette proposition et réglez la participation de 150 €. Un délai de 11 jours ouvrés s’écoule ensuite avant le démarrage, le temps de la rétractation.
Pourquoi ne pas trop tarder
Je ne suis pas là pour vous presser. Un bilan de compétences se fait quand on est prêt, pas sous la pression d’un calendrier.
Mais pour être parfaitement complète, je dois vous dire une chose : la tendance est clairement aux économies. En un an, le bilan a vu arriver un plafond, un délai de carence et une hausse de 50 % du reste à charge. Rien ne garantit que le plafond de 1 600 € sera maintenu à ce niveau, ni que la participation n’augmentera pas encore dans les années à venir.
Alors si vous sentez que c’est le moment pour vous, ne laissez pas les règles décider à votre place.
Et concrètement, avec moi ?
Je suis certifiée Qualiopi : les bilans de compétences que je propose sont éligibles au CPF. Ils se déroulent en présentiel à Paris 17ème ou à distance.
Et parce que je suis moi-même passée par cette phase de questionnement avant de changer de métier, je sais combien la question du financement peut freiner une démarche dont on a pourtant besoin.
Je vous propose un premier échange offert de 30 minutes, confidentiel et sans engagement. Nous ferons le point ensemble sur votre situation et sur vos possibilités de financement.
C’est peut-être le premier pas vers la suite de votre carrière.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser tout son CPF pour un bilan de compétences ?
Non. Depuis le 26 février 2026, le montant de droits CPF mobilisable pour un bilan de compétences est plafonné à 1 600 €, même si votre compte affiche un solde plus élevé. Si le bilan coûte davantage, la différence reste à votre charge, sauf si un autre financeur, comme votre employeur, complète.
Combien reste-t-il à payer quand on finance son bilan avec le CPF ?
Pour toute demande validée depuis le 2 avril 2026, une participation obligatoire de 150 € s’applique. Elle se règle à part, au moment de l’inscription, et ne peut pas être prélevée sur le CPF ni remboursée par l’organisme. Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail et les salariés dont l’employeur cofinance la formation en sont dispensés.
Peut-on refaire un bilan de compétences financé par le CPF ?
Oui, mais pas avant cinq ans. Depuis février 2026, il n’est plus possible de mobiliser son CPF pour un bilan de compétences si l’on a déjà bénéficié d’un bilan financé au cours des cinq années précédentes. D’où l’importance de choisir le bon moment et le bon accompagnement.
Mon employeur peut-il participer au financement de mon bilan ?
Oui. Votre employeur peut abonder votre CPF : il peut alors prendre en charge la différence au-delà du plafond de 1 600 €, et vous êtes dispensé(e) de la participation de 150 €. Il peut aussi financer directement le bilan dans le cadre de son plan de développement des compétences, avec une convention signée entre vous, l’entreprise et l’organisme.
Textes de référence
- Code du travail, articles L. 6313-1 et L. 6313-4 (définition du bilan de compétences, durée maximale de 24 heures, confidentialité)
- Code du travail, articles R. 6313-4 à R. 6313-8 (déroulement du bilan en trois phases, convention avec l’employeur)
- Code du travail, article L. 6316-1 (certification qualité Qualiopi)
- Code du travail, articles L. 6323-2 et L. 6323-11 (titulaires du CPF et alimentation du compte)
- Loi de finances pour 2026
- Décret n° 2026-127 du 24 février 2026 (plafond de 1 600 € pour le bilan de compétences, article D. 6323-1 A du Code du travail)
- Décret n° 2026-126 du 24 février 2026 (délai de carence de cinq ans, article D. 6323-6 du Code du travail)
- Décret n° 2024-394 du 29 avril 2024 (création de la participation financière obligatoire)
- Décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (participation portée à 150 € à compter du 2 avril 2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, article 89 (en cours d’examen au Parlement)
- Site officiel : moncompteformation.gouv.fr
Informations à jour au 8 octobre 2026.

