« Apprendre à marcher, c’est apprendre à tomber. » L’autonomie. Cette notion nous accompagne depuis nos premiers pas, littéralement. Apprendre à marcher, c’est apprendre à tomber. Et c’est dans ces chutes, dans ces tentatives répétées, que naît quelque chose de précieux : la capacité à se mouvoir seul, à décider de sa direction.
Enfant, on ne mesure pas vraiment cette richesse. C’est lorsque l’autonomie nous échappe, ne serait-ce que temporairement, que sa valeur nous saute aux yeux. Des béquilles après une entorse suffisent pour nous rappeler à quel point cette liberté de se déplacer comme bon nous semble est un cadeau extraordinaire.
Le jour où tout change
Il y a des moments qui restent gravés en nous, des instants où l’autonomie devient soudainement palpable, presque physique. Pour moi, c’est le jour où j’ai obtenu mon permis de conduire. Enfin, plus précisément : le jour où j’ai pu démarrer seule ma voiture et partir de chez moi. Toute seule. Sur les routes de campagne, en direction de la ville du Mans.
Ce sentiment était indescriptible et multiple :
Liberté. Autonomie. Excitation. Puissance. « Tout est possible. »
Je repense souvent à ce moment-là, à cette satisfaction immense. Et je réalise que c’est parce qu’il représente bien plus qu’une simple capacité technique. C’est la concrétisation de l’indépendance.
L’autonomie, au-delà de soi
On retrouve cette quête d’autonomie dans de nombreux endroits de la vie. Particulièrement en milieu professionnel.
Il y a une valeur extraordinaire à avoir réalisé quelque chose de ses propres mains, après plusieurs tentatives, plusieurs échecs. Une valeur qui transcende le simple accomplissement. C’est la confiance qui en naît, la satisfaction qui s’enracine profondément.
L’indépendance ne signifie pas qu’on n’a pas besoin des autres. Bien au contraire. Mais elle est capitale dans la construction de soi : en tant qu’adulte, en tant qu’être libre, en tant qu’individu confiant.
Autonomie et accompagnement
En tant que coach, cette notion me tient particulièrement à cœur. Et elle se retrouve immanquablement au centre de mes accompagnements. Parce que mon rôle n’est pas de donner des solutions toutes faites, mais de guider vers l’autonomie. De permettre à chacun de découvrir sa propre capacité à avancer, à décider, à réussir.
C’est souvent ça, la vraie source de satisfaction et de confiance : cette capacité retrouvée à être l’auteur de sa propre vie.
Une histoire qui vous parlera peut-être
Pour illustrer, prenons une situation que l’on retrouve souvent au travail, sous une forme ou une autre. Appelons-la Sophie.
Ce qui se passait
Sophie vient d’être promue cheffe de projet. Compétente, appréciée de son équipe, elle a pourtant un réflexe tenace : avant chaque décision, même modeste, elle passe voir son manager. Un mail à envoyer à un client, un planning à ajuster, un arbitrage entre deux priorités… tout remonte.
Ce que Sophie se disait
- « Je préfère vérifier, au cas où je me tromperais. »
- « Il a plus d’expérience que moi, il saura mieux. »
- « Si je décide seule et que ça se passe mal, ce sera ma faute. »
Résultat : ses projets avancent au rythme de l’agenda de son manager. Et Sophie, peu à peu, doute de sa légitimité.
Ce qui a changé
En coaching, Sophie s’attendait à recevoir des conseils. Au lieu de cela, je lui ai posé une question simple : « Si ton manager était injoignable pendant une semaine, que déciderais-tu ? » Elle a répondu sans hésiter. Elle savait déjà.
Nous avons commencé petit : une décision par jour, prise seule, puis partagée après coup plutôt que validée avant. Quelques semaines plus tard, Sophie ne sollicitait plus son manager que pour les vrais sujets stratégiques. Et lui avait gagné du temps, et une collaboratrice sur qui compter.
Sophie n’avait pas besoin qu’on lui donne la réponse. Elle avait besoin de découvrir qu’elle l’avait déjà.
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Trois questions pour nourrir votre autonomie
L’autonomie se construit pas à pas, un peu comme on apprend à marcher. Voici trois questions que je propose souvent en coaching et en formation, à vous poser avant de chercher la réponse ailleurs :
- « Qu’est-ce que je sais déjà ? » Avant de demander un avis, faites le point sur ce que vous savez, ce que vous avez déjà vécu de comparable. Vous en savez souvent plus que vous ne le pensez.
- « Quelle est la plus petite décision que je peux prendre seul(e), aujourd’hui ? » Pas besoin de tout révolutionner. Une décision modeste, assumée, vaut mieux qu’un grand projet qui attend une validation.
- « Qu’est-ce que j’ai réussi par moi-même récemment ? » Prenez le temps de le reconnaître. C’est de ces réussites, même petites, que naît la confiance.
Ces questions ne remplacent pas l’aide des autres. Elles vous permettent simplement de savoir ce que vous venez vraiment chercher quand vous la demandez.
Une quête, pas une destination
L’autonomie n’est pas une destination. C’est une quête. Et c’est dans cette quête que nous nous construisons vraiment.
Et vous, quel est le moment où vous avez ressenti, pour la première fois, ce goût de l’autonomie ? Racontez-le-moi en commentaire.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’autonomie au travail ?
L’autonomie, c’est la capacité à avancer, à décider et à réussir par soi-même. En milieu professionnel, elle se construit souvent après plusieurs tentatives, voire plusieurs échecs, et c’est de ces réussites personnelles que naissent la confiance et une satisfaction profonde.
Être autonome, est-ce ne pas avoir besoin des autres ?
Non. L’indépendance ne signifie pas qu’on n’a pas besoin des autres, bien au contraire. Être autonome, c’est plutôt savoir ce que l’on sait déjà, et savoir ce que l’on vient vraiment chercher quand on demande de l’aide. L’autonomie est capitale dans la construction de soi, en tant qu’adulte et en tant qu’individu confiant.
Comment développer son autonomie au travail ?
L’autonomie se construit pas à pas. Avant de chercher la réponse ailleurs, posez-vous trois questions : qu’est-ce que je sais déjà ? Quelle est la plus petite décision que je peux prendre seul(e), aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’ai réussi par moi-même récemment ? Commencer petit, par une décision assumée par jour, permet de gagner rapidement en confiance.
Comment le coaching aide-t-il à gagner en autonomie ?
Le rôle du coach n’est pas de donner des solutions toutes faites, mais de guider vers l’autonomie. Par ses questions, il permet à chacun de découvrir sa propre capacité à avancer, à décider et à réussir. Souvent, la personne accompagnée n’a pas besoin qu’on lui donne la réponse : elle a besoin de découvrir qu’elle l’avait déjà.

